Les Portraits en Rouje

Inna porte la robe Gabin

par Philo Cohen Speciwomen 

Photographies de Marco Conti Sikic

Inna Modja

Jeanne Damas s’est toujours entourée d’esprits créatifs : des amies photographes, musiciennes, peintres... Autant de sources d’inspiration qui l’accompagnent chez Rouje

D’une rencontre avec Philo Cohen - Parisienne pur jus, New-Yorkaise d'adoption et éditrice du magazine Speciwomen - naissent les Portraits en Rouje.  

Inna porte la robe Gabin

Basée entre Paris et le Portugal, Inna Modja est musicienne et militante. Également ambassadrice auprès de l’ONU, elle défend activement les droits des femmes et travaille étroitement avec La Maison des Femmes, un lieu d’écoute pour les personnes en difficulté ou victimes de violence.

Après avoir lancé la capsule solidaire au profit de La Maison des Femmes, Jeanne Damas a souhaité mettre en avant Inna Modja, figure féminine engagée et qui travaille avec La Maison des Femmes depuis les débuts. 

“Dans nos sociétés, il faut constamment prouver sa valeur. La société range et organise les individus selon leur âge, et leur sexe. On n’est pas « assez » âgé pour créer un projet, ou nous n’avons pas le « bon » sexe pour prendre une décision. Je ne crois pas à cette approche, je suis persuadée que nous avons tous une valeur innée, aussi bien dans nos forces que nos faiblesses. Il faut juste apprendre à s’écouter et à se connecter à ses forces intérieures. C’est malheureusement quelque chose dont on prive de plus en plus les femmes et les jeunes.”

Inna porte le T-shirt Elena, le foulard  Dimitri et le panier Milana 

Inna porte la robe Mina 

En 2015, elle sort son troisième album Motel Bamako, qui s’inspire aussi bien de ses racines maliennes que de son héritage africain en général. “La musique est une industrie très intéressante. En tant que femme africaine, il n'est pas toujours facile de se créer une plateforme. J'ai senti que mon troisième album était le bon moment pour le faire.

En se reconnectant à ses origines, Inna souhaite se dévoiler davantage à son public en mettant également en avant son féminisme intersectionnel et son militantisme. 


Elle se bat pour le droit des femmes depuis qu’elle a 19 ans. La violence domestique est un des sujets majeurs qu’elle traite dans son dernier album Motel Bamako, et elle veille constamment à défendre ses convictions et à les faire connaître grâce à sa création musicale. “Je me souviens que beaucoup de gens me disaient que j'allais faire fuir le public et que je devais être plus mesurée. Et c'était il y a seulement six ans. Mais je n’allais laisser personne me faire taire. J'ai continué à parler.” nous dit-elle, en parlant de l’évolution de sa musique. 

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, économique et de racisme systémique, Inna insiste sur l’importance de la solidarité et sur le travail énorme qui est nécessaire pour maintenir les droits des femmes : 

“Dans nos sociétés, il faut constamment prouver sa valeur. La société range et organise les individus selon leur âge, et leur sexe. On n’est pas « assez » âgé pour créer un projet, ou nous n’avons pas le « bon » sexe pour prendre une décision. Je ne crois pas à cette approche, je suis persuadée que nous avons tous une valeur innée, aussi bien dans nos forces que nos faiblesses. Il faut juste apprendre à s’écouter et à se connecter à ses forces intérieures. C’est malheureusement quelque chose dont on prive de plus en plus les femmes et les jeunes.”

Aujourd’hui, Inna travaille en étroite collaboration avec Ghada Hatem de La Maison des Femmes, pour combattre les mutilations génitales féminines (MGF). Ensemble, elles mettent en place des groupes de discussions, coordonnent les actes de chirurgie réparatrice pour les victimes de MGF et plus généralement créent un espace où les femmes se sentent en sécurité pour s’exprimer et avancer.


“Quand il y a une crise, la première chose à sauter ce sont les droits des femmes. Que faisons-nous pour chaque femme? Si une femme n'est pas libre, aucune de nous ne l'est.”

Bien qu’elle ait de l’espoir en voyant de plus en plus d’artistes et musiciens prendre position, elle soutient tout de même qu’il est urgent que les mentalités évoluent au sein de l’industrie musicale. Elle est convaincue que la solidarité entre les personnes peut donner de la force pour combattre les injustices dont elle est témoin, aussi bien dans l’industrie musicale que dans les territoires les plus fragiles.